Dans son fauteuil roulant, Mohammad surnommé Hammoudi enchaîne les mimiques pour capter l’attention de ses deux grandes sœurs et de ses parents. Cet enfant de sept ans aux yeux rieurs, arrivé en France il y a à peine 4 jours, démarre un circuit difficile dans le système de soins français. Considéré comme non viable à la naissance. Il souffre de plusieurs malformations conséquences probables d’une exposition de la mère durant son premier trimestre de grossesse à l'irradiation de munitions à uranium appauvri. Il requiert des soins quotidiens pour préserver son unique rein et stabiliser son épilepsie. Un exercice compliqué par le statut de cette famille sans papiers, jetée sur les routes de l’exil par le conflit irakien en 2014.

Saijed et Boshra, les parents, Israa et Doua, leurs deux filles de 15 et 17 ans, et Hammoudi, sont originaires de Tikrit en Irak. Il y a plus de trois ans, à la suite de la seconde guerre confessionnelle puis de la prise de la ville par Daesh, les Al Nissani n’ont eu d’autre choix que de fuir. Ils ont traversé l’Europe en passant par la Turquie, la Serbie, l’Allemagne… jusqu’au Danemark, où ils ont été pris en charge en 2016. Face au refus des autorités danoises de leur accorder l’asile après deux ans de procédure, ils ont dû à nouveau prendre la route et ont choisi la France.

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